harry et hedwige

Non, ce n’est pas la grande chouette blanche qui ramenait son courrier à Harry Potter. D’ailleurs, cette Hedwige-là avait l’air beaucoup plus sympa, mais elle est malheureusement morte dans le Tome 7. Oh pardon, vous ne l’aviez pas encore lu, c’est vrai. ** moi non plus, alors on ne spoile pas, merci… **

Mais qui est-elle alors, cette EDVIGE qui bout (hou-hou…) dans les marmites de l’actualité ? Son vrai nom est « Expoitation Documentaire et Valorisation de l’Information GEnérale ». Il s’agit d’un fichier de police informatisé créé par le Ministère de l’Intérieur le 27 juin 2008. Ce fichier sera très utile à la DCRI – fusion de la DST et des RG, notre « FBI à la française » (quand je vous dis que les politiques français s’inspirent beaucoup trop des USA…) -, puisqu’il intègrera aux fiches des anciens RG les critères d’un fichier de la DST répondant au doux nom de CRISTINA.

Beaucoup de prénoms féminins pour de tels fichiers… Vous me direz, un fichier ROBERT, ça claque tout de suite moins. ** pardon à tous les Robert, hein… ** Mais résumons le contenu de ces fichiers ayant pour but l’antiterrorisme et le contre-espionnage :

CRISTINA, classé « secret-défense », dont l’ancêtre est le fichier de la DST, contiendrait (au conditionnel, parce qu’après tout je ne l’ai jamais vu…) des données sur des écoutes téléphoniques et Internet de gens louches surveillés par les autorités.

EDVIGE, centralisera des informations sur des « personnes physiques ou morales ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif, sous condition que ces informations soient nécessaires au Gouvernement ou à ses représentants pour l’exercice de leurs responsabilités », et tout agent de la police nationale ou de la gendarmerie nationale y aura accès en cas de besoin.

En clair, on y trouvera des états civils, adresses postales et mails, numéros de téléphone, photos, signes physiques distinctifs, immatriculations, infos fiscales, entourage de la personne, et quand même… le motif de l’enregistrement des données sur la personne en question. Evidemment, on y trouvera aussi des origines raciales, des opinions politiques, religieuses et des appartenances sexuelles.

Et voilà où le râleur français de base entre en jeu. Contrairement à toutes ces associations et organisations syndicales de type droits de l’Homme, anti-homophobie, anti-racisme et j’en passe qui montent direct au créneau dès qu’on les titille parce qu’elles ne veulent pas qu’on touche à leur « liberté » (je me marre…), ce fichier ne me dérange absolument pas. Certainement parce que je n’ai pas attendu Edvige pour faire mon fichage perso, enfin bref moi aussi j’ai mon côté « secret défense », donc passons.

Ce qui dérange ce petit monde, c’est le mot « fichage » qu’on a mis à toutes les sauces. Etonnant ! Est-ce que les gens manifestent parce qu’ils sont « fichés » dans l’annuaire téléphonique ? Non. Est-ce que les gens cherchent à savoir d’où les démarcheurs et autres télémarketeurs tiennent leurs carnets d’adresses pour vendre leurs produits ? Il leur est pas tombé tout cuit dans la main, si ? Bon. Et les campagnes de recensement de la population, c’est du poulet ? Et le fichage ADN ? Euh non pas celui-là, finalement… J’en ai plein d’autres, des exemples de « fichage »… Mais le plus surprenant des exemples, lisez la suite…

Les gens chouinent parce qu’ils pourraient être listés, et que des loubards peu scrupuleux pourraient se servir de leurs infos personnelles pour les escroquer. Ca existe déjà, voir chapitre télémarketing. Bref c’est pas si grave qu’on vous appelle à 20h pour vous vendre un balai-brosse (vous pouvez toujours refuser, hé), mais l’exemple qui me fait hurler de rire : Facebook.

Ca râle parce que la police n’a surtout pas besoin de savoir qu’untel est gay ou hétéro ou bi, qu’untel est musulman ou juif ou protestant ou que sais-je, qu’on est ou a été pro-Sarko ou pro-Ségo, etc. Heu… rappelez-moi le principe de Facebook déjà ? Oui voilà, c’est un Edvige où les utilisateurs entrent volontairement ce genre de données personnelles pour retrouver d’autres contacts, et tenez-vous bien, ces données se révèlent la plupart du temps exactes ! Ca facilite donc grandement la vie des enquêteurs. Ahem.

J’y suis aussi sur Facebook. Moi aussi j’ai rempli mon profil bien comme il faut, sans me faire passer pour Casimir histoire de brouiller les pistes… Ca facilite grandement les recherches pour les gens qui voudraient me retrouver. D’ailleurs c’est le but. Et je n’ai rien à me reprocher, donc fichez-moi, je m’en fiche ! Oui, je l’ai fait. J’ai comparé Facebook à Edvige. Na.

Sous la pression, à tous les coups Edvige va être retiré, puis remplacé par autre chose avec un autre nom, mais ayant exactement les mêmes fonctions, pour la sécurité nationale. On verra bien. Bref, beaucoup de bruit pour rien.

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** Cette note est sponsorisée par Microsoft, Olitec, Orange/Sagem, Thomson/Alcatel et Netgear. Aujourd’hui : Internet… **

J’ai fait ma toute première connexion à Internet en… 2001. Ce qui, au passage, ne nous rajeunit pas. Avec un modem Olitec Speed’Com V92 Ready jaune, branché sur port Série (le fameux port COM) et nécessitant une alimentation secteur séparée, pour un débit atteignant miraculeusement les 56 Kb/s, soit une vitesse de transfert hallucinante de 7 Ko/s. Je répète, sept kilo-octets par seconde. En clair, pour télécharger un mp3 (oui déjà, oui…) de 3 Mo, ça mettait un peu moins de… 10 minutes. Je ne vous parle même pas de la durée de téléchargement des mises à jour de sécurité pour feu Windows 98SE…

Olitec Speed'Com V92 Ready

Quelques mois plus tard, première évolution, Wanadoo – devenu Orange depuis – nous propose un débit de 128 Kb/s, soit le double. Mais le bon vieux modem/fax/minitel-gratos-que-j’aimais-tant n’étant pas adapté à un débit aussi fou, il a fallu changer, et Wanadoo me propose alors un modem fourni avec les packs de l’époque, la fameuse raie manta. La verte. Le SpeedTouch qui se connecte en USB. Capable d’atteindre 1 Mb/s.

La révolution. Sauf pour les frimeurs/friqués qui avaient déjà Internet par le câble avec des débits ahurissants pour l’époque (en France en tout cas), bref passons. Donc nouveau modem, meilleur débit. Et en USB, donc alimenté par le PC lui-même, pas d’adaptateur secteur, mes multiprises déjà surpeuplées lui seront éternellement reconnaissantes.

Thomson/Alcatel Speedtouch USB

J’ai gardé ce modem pendant des années, et son débit maximum me suffisait largement. J’ai suivi les évolutions de Wanadoo, et quand un meilleur débit m’était proposé au même tarif qu’avant, je prenais. Pas con, hein. Je suis donc passé au 512 Kb/s que j’ai gardé pendant un bon bout de temps, puis j’ai suivi Orange jusqu’au 1 Mb/s.

Mais. Parce qu’il y a toujours un mais et que vous l’attendiez, celui-là. Il y a plusieurs ordinateurs à la maison, en plus du mien. Et subitement, tout le monde voulait « avoir Internet, y a pas que toi ici ». Soit.

Donc petit inventaire des lieux. A l’étage, mon cher vieux PC portable sous XP qui torche absolument tous les autres, et qui est devenu célèbre dans ces colonnes il y a 3 ans pour son claquage de disque dur (et mon claquage nerveux, aussi). Au rez-de-chaussée, un PC fixe nouvellement arrivé. Avec Vista. Oui, je sais, j’ai la même expression de dégoût que vous. Et entre les deux, un autre PC portable sous XP, mélange des deux précédents.

Ca nous fait donc 3 ordinateurs qui voudraient se connecter. Ca fait surtout un Marchiavel qui va encore se prendre la tête à faire des schémas de branchement dans toute la maison histoire de ne pas perdre le(s) fil(s), à chercher du nouveau matos compatible, performant et pérenne et qui ne coûte pas un rein. Et évidemment qui va devoir installer et sécuriser ça tout seul.

Livebox Sagem 1.1

Une seule connexion Internet + 3 ordinateurs = routeur. Avec Wi-fi, tant qu’on y est, bien que je n’aie aucune confiance en la technologie sans-fil. J’aime contrôler et savoir où vont mes câbles. Après des journées de recherche intensive, deux mots me filent des claques : Ethernet, et CPL.

Le Courant Porteur en Ligne. Si je trouve ses inventeurs, je les embrasse l’un après l’autre. Ouais, même les mecs. La connexion Internet qui passerait par le courant électrique de la maison, sans t’obliger à tirer 15m de câbles Ethernet, elle est pas belle la vie ?

Adios donc le branchement USB de ma raie. (…) Il faudra trouver un routeur Ethernet/Wi-fi, et des adaptateurs CPL. C’est là qu’interviennent Orange avec sa Livebox, et Netgear pour ses prises CPL.

NetGear Powerline XETB 1001

Petite parenthèse ici pour tous les anti-Orange et leurs critiques qui ont fait de la Livebox une bestiole démoniaque. Je suis chez ce FAI depuis 2001 sans aucun problème, et question tarifs, les abonnements coûtent aussi cher d’un FAI à l’autre, alors on n’est pas à 2 centimes près. Au niveau des offres, c’est kif-kif, et votre choix peut dépendre de votre lieu d’habitation. Bref. Seule la branche téléphonie mobile d’Orange aurait besoin d’un SAV plus enclin à décrocher quand on les appelle, au lieu de se la toucher devant leurs écrans… mais c’est une autre histoire (donc un autre article, fouillez). Et puis elle a bon dos, Vanessa Hessler ! Attends quand elle va se faire bouffer, elle sera moins transparente.

Bref j’en étais où ? Ah oui. Orange a récemment fait une offre de débit triple-play (Internet, TV, téléphone), 8 Mb/s à moins de 30 balles (*) par mois. Il faut donc une Livebox. A ceux qui disent qu’un autre routeur fonctionnerait tout aussi bien, je dis réfléchissez à la fonction TV Orange qui ne transitera QUE par la LB pour les abonnés Orange (jusqu’à bidouillage du contraire…), autrement pas de télé par ADSL.

Je m’achète cette chère Livebox Sagem 1.1, avec une réduc de 30 euros en magasin (sont sympas chez Orange !), ce qui me fait la bestiole à 9 euros. Si je l’avais louée, j’en serais à 3 euros mensuels en plus de l’abonnement que je compte bien conserver. Le plus avantageux ? Faites le calcul… Si on ajoute à ça la paire de prises CPL Netgear XETB1001 Powerline 85 Mb/s, j’en ai eu pour une petite centaine d’euros. Vu l’usage que j’en fais et vu que ça va durer longtemps, c’est raisonnable. Mais ne me parlez pas encore de HD, hein.

Donc voilà, bilan heureux : 3 mois d’hésitation, 1 journée d’achat, 1 Livebox avec un débit à 8 Mb/s, 2 prises CPL, 2 ordinateurs connectés en Ethernet, 1 ordinateur en Wi-fi. Mais je n’ai pas pris l’option TV par ADSL, je pourrai toujours le faire plus tard, la connectique est là et ça ne coûtera rien de plus dans l’abonnement. Quoique le décodeur spécifique à 49 euros, c’est un peu rêche…

Mais comme disait Marie-Pierre Casey, « j’ferai pas ça tous les jours ! ».

(*) Le franc est mort depuis le 1er janvier 2002, date de la mise en circulation des billets et pièces en euros. Je ne parle plus en francs. Donc une balle, c’est un euro. Même si je convertis encore nerveusement…

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Dernier article sur le Vaisseau avant la fin du contrat, fin du mois bientôt. Il fallait quand même que je vous parle de ce qui permet à la boîte de tourner, le « coeur du métier » : les enfants.

Ma position de renfort audiovisuel ne me met pas en contact permanent avec eux. C’est plutôt le rôle des animateurs qui préparent des jeux pour eux, et qui les occupent tout le long de leur visite. Mais mes rondes en public pour vérifier qu’il n’y a pas de dégâts matériels ont fait que j’ai pu en voir passer beaucoup.

Les enfants présents sont dans une tranche d’âge allant de 3 à 15 ans, et sont toujours accompagnés d’adultes. Ajoutez à ça un contexte trilingue (français, allemand, anglais) et mélangez le tout. On a alors affaire à deux catégories :
- les familles, avec parents et enfants,
- les groupes scolaires, avec profs et accompagnateurs (souvent parents d’élèves), et une ou plusieurs classes pouvant venir de très loin.

C’est connu, les enfants ça casse tout c’est formidable, c’est d’ailleurs pour ça qu’il faudrait stériliser la moitié de la population que les techniciens font leurs rondes pour vérifier que tout se passe bien, en compagnie des agents de sécurité, appelés toutes les 2 minutes sur le talkie parce que quelque chose déconne…

Toutes les zones ont un franc succès, mais celles qui sortent du lot restent la Machine à Découpe, et le Chantier. La découpeuse permet de fabriquer des emballages en carton en sélectionnant leur forme parmi plusieurs patrons, le tout piloté sur des écrans tactiles. Et ensuite à vous de plier le modèle pour avoir une boîte. Connaissant le caractère versatile des enfants, qui testent et re-testent pour finalement laisser les modèles en l’état, non pliés, ou alors les plier puis les jeter par terre et s’enfuir vers un autre atelier, beaucoup de papier atterrit dans les poubelles à proximité. Ou alors tout près des poubelles (grmbl…), pour les enfants qu’on a tenté en vain de convertir à l’écologie mais qui trouvent – à 5 ans déjà – que « y’a des femmes de ménage là-bas d’toute façon »… Il faut donc régulièrement changer les couteaux et réapprovisionner le bac à papier.

Le Chantier quant à lui accueille des enfants ne dépassant pas une certaine taille – et fatalement un âge limite – pour des raisons de sécurité surtout. Une grue avec un seau, des brouettes sur rails et des briques en mousse à poser sur un châssis de grande maison pour en construire le mur et les toits. Basiquement, c’est ça. Sauf que, nos charmants bambins qui ne ratent pas une occasion de se démarquer nous donnent des sueurs froides. Si un accident arrive, qui est responsable, hein ? Ils trouvent le moyen de grimper au sommet de la maison, 5 bons mètres de hauteur, plus ou moins. Ca n’est peut-être rien mais pour un petit enfant, une chute de cette hauteur n’est pas vraiment conseillée ! Je ne parlerai pas de ceux qui défient les agents de sécurité, qui ne portent pas leur casque, ou qui répondent tellement méchamment que l’envie de donner une bonne baffe démangerait chacun d’entre nous.

Parlons-en, d’autorité. Parce que les enfants restent malgré tout sous la surveillance, soit de leurs parents, soit des accompagnateurs et instituteurs qui en sont responsables lors de leur sortie au Vaisseau. Surveillance toute relative, puisque ce sont parfois les agents de sécurité ou les animateurs qui doivent faire régner l’ordre au sein de chaque atelier, sous le regards hébété des « grands »… Parfois, c’est aux adultes aussi qu’il faudrait en coller une ou deux.

Je le répète, ce n’est pas mon rôle premier au sein du Vaisseau de m’occuper des enfants. Je suis censé m’occuper avant tout de la bonne marche des expos, ensuite du public. L’un ne va pas sans l’autre, s’il n’y a pas de matos pour les activités, il n’y a pas de public, cqfd. Je me souviendrai à vie de cette accompagnatrice qui m’a pris par le bras alors que j’allais réalimenter la Machine à Découpe, en me hurlant de m’occuper de ses enfants, que s’ils étaient pas gentils je devais les calmer, et s’ils se battent ils doivent sortir… Premier constat, au Chantier ses enfants dépassaient largement l’âge autorisé et faisaient peur aux tout petits en balançant des gros morceaux de mousse (qui sont suffisamment denses pour faire mal, quand même)… On a dû se mettre à plusieurs pour lui faire comprendre que c’est elle, avant nous, qui devait avoir de l’autorité sur les enfants qu’elle accompagne, et ne pas attendre que les autres le fassent. Parfois, je vous jure, avant de gérer les enfants, ils faudrait former les accompagnateurs !

Après tout ça on va encore dire que je ne supporte pas les enfants. Faux. Totalement faux. Je suis juste fana de l’ordre. Et heureusement, j’ai aussi côtoyé des enfants « modèles ».

De ceux qui te redonnent le sourire, qui sont polis, éveillés, curieux, que tu as plaisir à aider, à qui tu peux expliquer comment fonctionne tel ou tel atelier et qui te dit un grand merci parce qu’après tout ça ne coûte rien. Ce petit garçon qui est content quand tu lui montres comment fonctionne la pompe à eau pour inonder le village et merci meûssieur. Cette petite fille qui peine à plier sa boîte en carton selon le modèle parce que les explications sur la feuille lui paraissent trop compliquées (c’est vrai que parfois, même nous… ahem ne le dites à personne surtout !). Elle reste là, toute seule, pas un instit pour l’aider, tu vois qu’elle veut absolument finir sa boîte pour la ramener à la maison et dire fièrement à ses parents regarde ce que j’ai fait. Mais elle n’y arrive pas. Alors tu t’assieds à côté. Et tu l’aides. Tu vois, faut plier comme ça. Puis comme ça. On y est presque. Le dernier pli, elle le fait seule, puis elle ferme enfin la boîte avec son prénom dessus. Elle est heureuse. Un timide merci et un beau sourire, ça vaut toutes les fiches de paye du monde !

Même si la plupart du temps on travaille en coulisses, plus encore que d’actualiser le site web du Vaisseau ou de remplacer un élément cassé, c’est ça qui va me manquer une fois le contrat fini : le contact avec les jeunes. Et dire que j’ai même pas le Bafa…

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