“Facultesqueries” : le grenier...

La rentrée a eu lieu il y a un bon gros mois pour nos chères têtes blondes. Les journalistes ont comme toujours analysé le budget de rentrée des mamans, à grands renforts de reportages de chiares en pleurs genre « zeuu veuuu la trousse Bob l’éponge, snirrflll beua-â-âaaah », et de mamans soutenant mordicus qu’elles n’achètent « pas trop de marques ». Bien sûr, elles finiront par céder aux caprices de leurs chérubins, et placeront dans le caddie la trousse Bob l’éponge et le classeur Kid Paddle, avec un soupçon de Barbie et Charlotte aux Fraises aussi, tiens. Tendance oblige… Le reportage finira par la moue à la caméra, un sourire niais et un « bah si ça peut lui faire plaisir ». Enfants 1 – Parents 0.

Toujours la même rengaine à chaque rentrée, mais ce qui me fait halluciner, c’est ce fameux budget des ménages pour la rentrée scolaire, qui augmente comme les billets SNCF et frise cette année les 500 euros pour un enfant !!! Mais bon sang, ils achètent aussi les tables et les chaises de la salle de classe ou quoi ? Quand on en était encore aux Francs, je n’ai pas le souvenir d’avoir fait dépenser à ma mère plus de 500 Francs en fournitures scolaires !

Les cahiers achetés duraient 2 voire 3 ans, et les inutilisés étaient encore pris les années suivantes. Idem pour les feuilles volantes, et même certains stylos dont je me sers encore aujourd’hui ! Ce n’est pas forcément la faute des profs qui voulaient tel type de cahier 10×15 à spirale, un autre des 24×32 à petits carreaux, etc. Quoique… Au final, la plus grosse dépense se faisait en manuels de cours. J’ai tellement de fournitures encore neuves à l’abandon dans mes tiroirs – à côté de ces manuels que je conserve religieusement – que je pourrais sponsoriser un collégien pendant 2 ans facile.

Mais ce n’est pas le problème du jour. Une autre rengaine qu’on nous ressert presque tous les ans : le poids des cartables.

Je me souviens des années d’école primaire où on pouvait planquer nos dictionnaires et nos livres d’histoire sous la table, pour éviter de les trimballer de la maison à la salle de classe. Le gros cartable sur nos frêles épaules était léger, et on ne risquait au moins pas d’oublier nos bouquins…

Je me souviens des années collège, du jour de la rentrée des classes où on nous distribuait les livres nécessaires à chaque matière, enfermés dans l’armoire poussiéreuse d’une salle, et qui n’attendaient que nous. On venait avec un cartable vide pour en repartir avec un énorme rempli d’histoire-géo, de maths, de français, d’allemand, d’anglais, de sciences, etc. Une charge bien lourde, mais pour un jour de rentrée, ça ne nous choquait pas plus que ça. Et quand bien même certaines journées du 3ème trimestre étaient bien remplies, avec des classeurs pleins de formules et de phrases et tout un tas de livres à embarquer, on se forçait, sinon c’était l’heure de colle pour un oubli… Bon j’exagère, mais disons qu’un oubli et t’avais pas l’air fin…

Je me souviens des années lycée, qui ressemblaient aux années collège par rapport aux bouquins à trimballer et aux journées assez lourdes. La seule différence est que le cartable était proscrit depuis longtemps, laissant place aux nouveaux sacs à dos. Bon, maintenant n’importe quel élève dès la 6ème a son sac à dos customisé, le cartable c’est has-been, ringard, t’es plus dans le coup, vieux !

L’université, n’en parlons pas, 3 feuilles dans une pochette pour le seul cours de 19h du jour et un bon dictaphone dans la poche suffisaient… Quoique un trieur avec les cours les plus importants du moment et de quoi écrire n’était pas du luxe… Ahem. Plus de bouquins à trimballer sauf demande expresse du prof, et le reste était consultable à la bibliothèque. Pas bien lourd, tout ça…

Mais j’en reviens donc aux collégiens et lycéens. Parce que les médias, en particulier la télévision, font gober aux gens tant de choses que ça en devient énervant.

Reportage sur l’antenne locale des cartables bien trop lourds selon les parents, qui amènent une balance devant la journaliste. On pèse ce pauvre garçon sans son sac, et on le refait monter avec le sac au dos, sur la balance, pour peser le sac… Je vous laisse relire cette dernière phrase… On aurait pas pu peser le sac directement ? Ahem.

Après une règle de trois laborieusement menée, « Le sac de mon fils pèse 15 kilos ! Vous trouvez ça normal ? » Je pense bien sûr qu’on a bourré le sac de ce gosse à fond pour la télé, pensez donc… Je n’ai jamais eu un sac qui pesait plus de 10 kilos (oui parce que bon, bien avant que la télé s’en mêle, je m’amusais à peser mes affaires, oui…), et mes potes de l’époque – s’il leur arrivait de tomber sur cet article – savent bien que j’étais un des rares à trimballer le maximum d’affaires dans mon sac, même si je n’en avais pas besoin…

Et je n’en suis pas mort pour autant, ni même handicapé de la colonne vertébrale à force de marcher avec ce poids sur le dos ! La dernière mode scolaire aura été l’invention des sacs à dos qu’on transporte sur des roulettes. Donc c’est déjà plus un sac à dos ! Bon bref.

On connaissait déjà les bagages sur roulettes, bourrés à craquer et qu’on emmène en voyage. Ca ok. Le 3ème âge qui fait son marché avec un caba à roulettes décoré façon charentaises. Ca ok. Les étudiants qui se servent de ces mini-valises pour se rendre à leur appartement et remplir leurs armoires, ou pour rentrer loin là-bas à la maison et déposer leur linge sale. Ca ok. Mais les collégiens et lycéens qui foncent avec ça qui fait déjà un boucan d’enfer sur le macadam, et qui est soit-disant moins lourd à trimballer, mais laissez-moi rire ! Des mauviettes ces jeunes ! Des chochottes ! Des souffreteux ! C’est ça la nouvelle jeunesse ? Ben putain ! A trimballer trois bouquins et deux classeurs, et ayé c’est déjà le calvaire !

(Imaginez qu’un jour les bidasses se rebellent façon Charlots parce qu’on a mis trop de caillasses dans leur sac…)

On interviewe un jeune, pour faire genre y a pas que les vieux qui ont leur avis à donner, et il nous sort « je pense que les profs devraient garder les bouquins dans la classe et nous faire des photocopies quand on aura des exercices à faire à la maison »… Ecolo le p’tit, casser la forêt pour éviter de faire fondre sa graisse en soulevant un bouquin. Con de jeune, tu voudrais pas que ton prof t’envoie les exos par e-mail aussi, nan ?! Et quand j’entends ces spécialistes à la mord-moi-le-noeud un peu psychiatres sur les bords qui s’occupent tout d’un coup du bien-être des enfants, en appuyant bien sur le fait que, comme tous les ans les sacs sont trop lourds, ça, ça me fait bien rigoler…

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En me rendant à différents entretiens, j’ai compris que je n’étais pas sorti de l’auberge. J’avais aussi l’impression que mes 5 années d’études post-Bac n’allaient pas beaucoup m’aider non plus. Je me serais présenté tout nu avec mon diplôme du Bac en guise de slip devant le recruteur que je me serais fait démolir exactement de la même façon. Mais avant l’entretien, la poste et les e-mails.

J’ai eu droit à « on étudie votre demande », et après quelques relances, pas de réponse. Dans le même lieu, autre offre, 3 relances, mais je n’ai eu que les accusés de réception par mail. Donc quelqu’un m’a bien lu mais n’a pas daigné répondre, même par la négative. Sympa, je leur ferai de la pub.

J’ai eu droit à « vous n’avez pas le profil » laissé par la secrétaire du monsieur sur mon répondeur. Bon d’accord le poste était orienté graphisme Flash/Toshop et je suis plutôt un codeur PHP-XHTML/CSS pur avec de grosses bases en design. Dommage, mais j’étais quand même ravi d’avoir fait la connaissance des gens de cette boîte, on sait jamais.

J’ai eu droit à des refus parce que la boîte était toute jeune, avec une activité récente et ne pouvait pas se permettre de prendre ne serait-ce qu’un stagiaire. Je reviendrai plus tard, c’est promis. D’autres refus encore parce que l’établissement en question ne cherchait personne actuellement, mais votre dossier est au dessus de la pile, monsieur. J’y penserai, héhé. Aussi l’inévitable refus parce que d’autres stagiaires étaient déjà en place, comprendre par là t’as du retard petit, mais reviens plus tard desfois que.

J’ai eu droit à « vous n’avez pas d’expérience significative pour ce poste ». Mon premier coup de gueule. Si la fac ne m’a pas, d’après eux, donné suffisamment d’expérience, il faut donc que quelqu’un veuille bien m’en donner pour commencer. Et jusqu’à preuve du contraire, un stage c’est un peu fait pour ça quand même ! Et quand je vois ces entreprises qui recherchent des manager senior, mais refusent catégoriquement de former des manager junior pour les faire évoluer dans leur boîte, ça m’énerve prodigieusement !

Mais la palme revient à une autre boîte. Après mon entretien chez eux, les statistiques de ce blog affichaient déjà l’IP d’une machine en provenance de leurs locaux, qui me visitait régulièrement. Tiens… Disons pour résumer, que ma candidature leur était « très intéressante », que j’ai rarement connu de réponse aussi rapide, autant de conversations téléphoniques pour un simple rendez-vous, et un entretien si convivial et positif qu’il manquait juste les petits fours. Ravi, je les quittai, fier de ma prestation, conscient d’avoir marqué pas mal de points en m’intéressant véritablement aux projets qu’ils allaient me confier, et en leur montrant ce en quoi je pourrai leur être utile. Rien n’étant signé, je gardai quand même une réserve, par prudence. A la maison, le téléphone sonne. Un silence, puis la responsable, « heuu… après consultation de notre supérieur, nous avons décidé de ne pas vous garder, vous ne nous avez pas convaincus ». Ah. On a pas dû assister au même entretien alors. Hypocrites. Ah ça pour faire des grands sourires, y avait du monde. Je ne pense pas que si je ne lui avais pas plu, elle me l’aurait caché pendant l’entretien. Il suffisait de me dire ce qui n’allait pas et de gentiment me remercier de m’être déplacé… Je l’ai retenue au téléphone pendant 20 bonnes minutes pour tenter de rattraper cette horrible situation, et surtout pour lui faire dire pourquoi tout d’un coup je ne suis plus le gendre candidat idéal. Peine perdue, « je n’ai pas à me justifier au téléphone, c’est comme ça ». Par politesse, pour éviter de lui raccrocher rageusement au nez, j’ai attendu qu’elle le fasse.

A quoi bon faire de grandes études pompeuses qui consomment un fric fou pour au final se retrouver comme un con sans stage, et fatalement sans boulot ? Certain(e)s de mes ami(e)s travaillent pourtant sans avoir poussé les études aussi loin… Le marché actuel du travail aurait-il tant besoin de profils pouvant justifier simultanément de la maîtrise de la langue ouzbekh, de la connaissance des installations biométriques du Pentagone et de 15 ans d’expérience minimum ? Pardon, mais j’en doute…

M@rchiavel quitte donc pour une durée indéterminée la vie numérique pour reprendre en main son monde réel. Je reviendrai poster une note quand j’aurai trouvé le pourquoi du comment. Et pas de bêtises en mon absence !

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** Attention Schtroumpf Grognon reprend du service. Les plaintes pour diffamation et/ou article trop long, c’est à côté. **

Je resitue un peu. M@rchiavel doit absolument trouver un stage pour achever son année facultesque. Je tenais à faire ce stage à la division « communication » de la fac. Vous comprendrez pourquoi j’attache de l’importance au mot communication… J’ai commencé les démarches début mars après les partiels du premier semestre (tous validés, sing halleluiah) et j’envoie un mail bien détaillé. Pas de réponse. Moins d’une semaine plus tard, forcing, et oh surprise une réponse qui me fait « message bien reçu on va étudier votre demande ». Mouais.

Voilà où je veux en venir avec ce fameux mot, communication. On ne me communique pas beaucoup d’infos, jusque là… Petite relance gentillette pour en savoir plus, insister sur le fait qu’un entretien serait le bienvenu, etc. Et là, une grosse semaine sans réponse. Entre temps, prévenant comme je suis, j’ai cherché ailleurs… Je me décide quand même à aller sur place sans prendre rendez-vous. Accrochez-vous.

Bureau. Toc toc. Pas de réponse. Personne, porte close. Là, la tactique favorite des étudiants s’impose. Tu restes devant le bureau et tu téléphones pour voir s’il y a du monde à l’intérieur… Je sais, c’est terriblement sournois efficace. Une voix féminine décroche, venant du bureau d’à côté. C’est la responsable qui me répond. M@rchiavel speaking : « Bonjour, je pourrais parler à [anonymat] ? » Elle, hésitante : « Ah mais c’est qu’il est en congés ! »

Il aurait pu me « communiquer » cette information assez pertinente je trouve ! « Oui donc je sais que vous l’aviez contacté… » et bla et bla « …je lui transmettrai dès son retour. ». Bibi un peu énervé. Je demande confirmation pour le stage au service comm’, elle me fait « Ah mais ça ne sera pas possible, cette place a déjà été réservée depuis très très longtemps, comprenez que nous ne pouvons pas prendre 2 stagiaires pour ce poste ». Bibi très énervé. Volume à fond. Cette place était déjà « réservée » (déjà j’adore ce mot…) depuis un bail, et j’ai reçu un avis du webmaster qui me disait qu’on étudiait ma demande !!! Soit il était pas au courant – mais ne pas se parler dans un service « communication » c’est comme si à la boulangerie on te vend pas de pain… – soit c’est un énorme foutage de gueule. Je penche pour la deuxième solution. S’ils savaient déjà que la place était prise, ils auraient pu tout simplement me dire non, et pas me faire espérer !

Cette pratique reflète exactement l’organisation du site web de l’université – dépendant de ce service comm’ évidemment. Une quantité effroyable d’infos utiles accessibles au public, mais dans un bordel monstrueux et une accessibilité du même niveau. Allez chercher ma prof d’ergonomie adorée, elle vous dira pareil. Bref. Je souhaite bien du courage à la personne qui s’en chargera à ma place. Même leur téléphone tremble encore. Au moins, le service comm’ aura mal dormi cette nuit, soyez en sûrs, M@rchiavel est rarement aussi remonté.

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