“Facultesqueries” : le grenier...
La première fois que j’ai vu le site Note2be, il y avait trop de connexions… Normal, le buzz, tout ça… J’ai finalement réussi à voir le contenu du site, et même si ça me démangeait grave de me créer un compte là-dessus, d’ajouter quelques-uns des établissements que j’ai fréquentés (parce qu’ils n’y figurent pas tous par défaut…), je me suis retenu. Les 6 critères de notation pour chaque prof étant déjà ambigüs (intéressant, clair, disponible, équitable, respecté, et motivé), je me suis retenu. Pourtant, j’avais une féroce envie – sûrement une revanche sur le passé, va savoir – d’ajouter le nom de ma prof de physique-chimie de Terminale et de lui moyenner une sale note…
Ce site est du voyeurisme pur et simple (tout comme les plateformes de réseaux sociaux, mais c’est un autre débat). Si on part de la réflexion simple que si les profs notent les élèves, alors les élèves ont aussi de droit d’évaluer leurs professeurs, oui ce site est en droit d’exister. Surtout que certains profs je-m’en-foutistes dont on ne parle jamais assez mériteraient bien de figurer sur ce genre de sites avec des bulles à côté de leur nom… Mais là où les élèves se trompent, c’est que leurs notes visibles sur le net (résultats du brevet, bac, etc.) ne sont que le résultat final de leurs épreuves de contrôle, et ne sont en aucun cas basées sur leur comportement en classe. C’est pas tout-à-fait la même chose.
Il suffit que quelques élèves décident de mal noter un prof « juste pour déconner », et ça part en vrille… D’un prof qui était vu jusque là comme le plus gentil et le plus efficace, on peut arriver à lui casser sa bonne réputation à cause de ce genre de sites ! Heureusement, il semblerait que les élèves ayant noté leurs profs sur Note2be aient eu l’intelligence de ne pas « descendre » gratuitement les profs, certainement parce que ça existe encore, le respect. Malgré ce qu’on entend de plus en plus aux infos… La CNIL devrait rendre son avis le 6 mars autour de la légalité (ou non) d’afficher des données personnelles.
« La Cnil, c’est Cnul ! »
** ce slogan vous est offert par Marchiavel.fr **
Bon bref, c’était même pas le sujet du jour, en fait… Je voulais vous parler des profs qui s’en prennent de plus en plus plein la gueule, et à cause d’élèves de plus en plus jeunes ! Hop on fouille les nouvelles :
Collège de Reims, un prof est suspendu parce qu’il aurait donné un coup de pied à un élève de 6ème qui se serait levé sans demander la permission… Il est surtout suspendu depuis lundi parce que les parents du petit ont porté plainte. Encore une pauuuvre victime, un petit garçon tout beau tout gentil qui n’a jamais rien fait à personne… Après tout, ils voulaient juste faire une bataille de boulettes dans la classe. Normal, on vous dit !** sarcastique **
Collège d’Asnières-sur-Seine, un collégien de 16 ans est jugé pour avoir roué de coups une assistante d’éducation, qui surveillait la classe en l’absence du prof. Elle a simplement refusé que l’élève sorte de classe, et s’est pris des coups de poing au visage… Un autre élève s’interpose pour tenter de la défendre, et lui aussi on le tabasse. Vu l’émeute, on appelle les forces de l’ordre pour chopper ce petit con interpeller le collégien à l’origine de ce merdier. Normal, on vous dit ! ** sarcastique bis **
Et enfin, Lycée d’Etampes, Kévani Wansale, 20 ans qui avait poignardé sa prof le 16 décembre 2005 – c’est pas récent, et heureusement la prof est toujours en vie – vient à peine d’être jugé pour son geste. Verdict : a été reconnu coupable de tentative d’homicide volontaire avec préméditation. Fait passible de la réclusion criminelle à perpétuité. En clair, la taule à vie. Mais il n’aura écopé que de 13 ans.
Dans des cas comme ça, je regrette l’abolition de la peine de mort… Ces jeunes sont irrécupérables. ** oui il m’arrive d’être assez radical ** Ce qui m’énerve le plus dans tout ça, c’est qu’on trouve toujours des excuses à ce genre de petits cons. On met de côté le fait que dans les ZEP ou les établissements Ambition Réussite, c’est pas rose tous les jours. Ca je veux bien, c’est vrai… Mais si c’est pas l’« enfance malheureuse », c’est les relations chaotiques avec les parents, ou la dépression, les souffrances intérieures, etc. qui poussent les jeunes à se munir de couteaux de cuisine, de cutter, ou de cogner dès qu’on ne fait pas ce qu’ils veulent… Normal, on vous dit ! Ah ça, les psys ont de quoi faire…
Avant, on avait un minimum de respect pour nos profs, maintenant ce sont les profs qui ont peur de gamins de 13 ans ou moins, et surtout de leurs parents qui au moindre bobo vont porter plainte ou menacent les enseignants… Cherchez l’erreur…
** Cet article est sponsorisé par les Sous-Doués (1980), le Maître d’école (1981), P.R.O.F.S (1985), L’Instit (1993-2005), Le plus beau métier du monde (1996), et Famille d’accueil (2001-…) **
Mots-clefs : ambition réussite, CNIL, Kévani Wansale, note2be, sous-doués, ZEP
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Le 22 octobre dernier, il avait fait fort en imposant la lecture de la lettre d’adieu de Guy Môquet à tous les lycéens de France, mais là, il a fait encore plus fort. Dernière idée à la con (« schnàppsidée » comme on dit chez nous…) du Président, celui-ci souhaite qu’on confie à chaque élève de CM2 la mémoire d’un enfant français victime de la Shoah…
Pour ceux qui fabriquaient des avions en papier pendant les heures d’histoire-géo : la Shoah, c’est donc l’extermination des personnes de confession juive par les armées nazies pendant la Seconde Guerre Mondiale. Je résume, hein.
Le 13 février, Sarko a donc annoncé au cours du dîner annuel du CRIF qu’il a demandé au Ministe de l’Educ. Nat. de « faire en sorte que tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d’un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah ». Ces enfants « devront connaître le nom et l’existence d’un enfant mort dans la Shoah. [...] Rien n’est plus émouvant pour un enfant que l’histoire d’un enfant de son âge, qui avait les mêmes jeux, les mêmes joies et les mêmes espérances que lui ».
Ce bout de phrase me fait déjà grincer des dents, mais le sujet est suffisamment grave pour éviter les vannes à la con. Parce que les époques et les contextes ont bien changé, et qu’un enfant de 11 ans pendant la guerre n’avait sûrement pas pour unique préoccupation de savoir ce qui passait à la télé, et de se vautrer devant la Wii avec ses potes (parce que la Play’ c’est has-been…). Bref je m’égare.
« Emouvant ». Pour moi un truc émouvant, c’est quelque chose qui te fait pleurer à chaudes larmes, genre une histoire à l’eau de rose qui finit bien, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Ca, c’est « émouvant ». Mais à 11 ans, si on m’avait raconté à l’école que des milliers d’enfants de mon âge avaient été exterminés dans des camps à cause de leur religion, j’aurais pas trouvé ça émouvant, mais choquant. C’est quand même un autre niveau d’émotions.
Je me rappelle mon année de CM2 et des précédentes où on parlait effectivement de la Deuxième Guerre Mondiale, parce qu’en plus d’habiter en Alsace – un coup allemande, un coup française – le sous-sol de notre école primaire avait servi de bunker pendant cette période, et en porte encore les traces. Et avec la gentillesse et la patience des grands parents de certaines amies, une vidéo avait même été réalisée sur leur vie pendant cette saloperie de guerre, sous forme de question-réponse dans ce même bunker. Si j’en parle, c’est que quelque part, ça m’avait quand même marqué. Mais bien moins que les personnes devant la caméra qui marquaient de longs temps d’arrêt tellement le souvenir était présent, ce souvenir qu’elles tentaient d’oublier, mais en vain. On n’était pas forcément conscients de l’ampleur de cette guerre – après tout, on était petits et on prenait à peine conscience que dans ce monde il y a eu et il y aura toujours des cons pour taper sur d’autres plus faibles – mais on avait bien compris qu’il y a aussi eu des enfants déportés voire tués.
Mais aujourd’hui, confier la mémoire d’un enfant mort de la Shoah à chaque enfant en classe de CM2, comme si on lui affectait un correspondant étranger alors qu’il n’en a pas spécialement envie, je trouve ça énorme ! L’obliger à connaître le nom d’un enfant mort il y a plus de 60 ans, et de ni plus ni moins s’identifier à lui (!!!) si une pétition circulait je signerai direct pour qu’on n’applique pas cette connerie monumentale dans les écoles primaires.
Parce que c’est bien de ça qu’il s’agit. Au primaire ! Savent à peine lire, écrire et compter en sortant de là, et en plus il faudrait qu’ils s’identifient à un mort. Pardon, mais c’est énorme ! Pour ma part, je suis allé visiter pour la première fois le Struthof et Verdun avec mes classes de collège, pour qu’on nous montre les horreurs de la guerre et des camps. Et le véritable enseignement de la Shoah avec textes et photos à l’appui n’a réellement commencé qu’en 1ère et en Terminale ! Jamais aucun prof n’aurait enfoncé le clou dans des classes inférieures. Alors infliger ça à des petits pour un sombre prétexte de devoir de mémoire, je dis non. D’accord on ne doit pas oublier, patati patata faut pas que ça recommence, mais faudrait pas en faire trop non plus, et surtout pas trop tôt dans l’éducation. Et je ne parle même pas de ce qu’en pensent les parents, encore moins s’ils sont catholiques, musulmans, ou peu importe, et qu’on demande à leur enfant de s’identifier à un enfant juif mort de la Shoah…
Et juste comme ça en passant, il y a d’autres pays sur cette Terre qui continuent les massacres pour exactement le même motif : la religion. Alors hein, le devoir de mémoire, tu repasseras…
Le dernier paragraphe revient à Simone Veil, présente elle aussi à ce dîner du CRIF, qui je suppose, a failli avoir une attaque en entendant Nicolas s’exprimer… ** piqûre de rappel : elle est juive, et a été déportée à 16 ans à Auschwitz. ** Sa réaction a été instantanée : « C’est inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste. On ne peut pas infliger cela à des petits de dix ans! On ne peut pas demander à un enfant de s’identifier à un enfant mort. Cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter. Nous mêmes, anciens déportés, avons eu beaucoup de difficultés, après la guerre, à parler de ce que nous avions vécu, même avec nos proches. Et, aujourd’hui encore, nous essayons d’épargner nos enfants et nos petits-enfants. »
Elle a tout dit. Cher Président, foutez la paix aux petits du primaire, et si vous voulez jouer à l’instit, faites en sorte qu’il sachent lire, écrire et calculer correctement à la sortie du CM2, ça suffira amplement…
Mots-clefs : CM2, CRIF, éducation, Guy Môquet, Sarkozy, Shoah, Simone Veil
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Comme me l’a encore mimé un de mes cousins samedi soir au resto, imaginons ensemble une scène… Toi lycéen, tu arrives en cours après un superbe weekend. Hyper motivé comme toujours pour aller à l’école, genre « raah encore une semaine de merde qui commence ! ». Et là tu vois ton professeur qui prend un document, et qui – nouvelle tradition annuelle oblige, Sarkozy n’a pas que des bonnes idées – te lit de sa voix grave… ça :
Châteaubriand, le 22 octobre 1941
Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c’est d’être courageuse. Je le suis et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j’aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon coeur, c’est que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean. J’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable, je ne peux le faire hélas ! J’espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l’escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t’ai fait ainsi qu’à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demi, ma vie a été courte, je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d’enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime.
Guy
Dernières pensées : vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !
Tu n’as déjà pas la niaque le lundi matin, mais après une telle lecture, pas étonnant. C’est peut-être une des raisons qui a fait que l’équipe de France de rugby s’est pris une branlée (mais c’est un autre débat, ne nous éloignons pas du sujet…).
Que ce pauvre garçon de 17 ans, résistant communiste, soit mort à cause de la connerie humaine, oui c’est triste. Qu’on propose la lecture ce texte, sûrement trouvé au fond de vieux cartons pleins d’Histoire avec un grand H, pour un événement spécial je veux bien. Mais qu’on impose cette lecture à des milliers de lycéens sous prétexte d’un devoir de mémoire, faudrait pas exagérer !
Obliger des professeurs à lire ou faire lire cette lettre spécialement aujourd’hui, et remettre ça tous les ans, sans mauvais jeu de mots, de qui se Môcquet-on ? Les livres d’histoire-géo fourmillent bien assez d’éléments imposant au lycéen cet apprentissage des horreurs de la guerre, ce devoir de mémoire, pour qu’il n’oublie pas que des gens ont du se battre à cause de la connerie de quelques militaires gradés obéissant aux directives d’hommes d’Etat qui pétaient plus haut que leur cul.
Et quelques jeunes d’aujourd’hui ont encore des grands-parents qui peuvent leur raconter leur vie pendant la guerre. Et s’ils ne sont plus de ce monde, il restera toujours dans la famille des éléments qui font remonter à la surface ce genre d’événements tragiques. Ne lit-on pas sur les tombes « le temps passe, le souvenir reste » ?
Ras-le-bol d’entendre que les nouvelles générations oublient au fil des ans ce que leurs aînés ont fait. Depuis quelques temps, les archives vidéo de l’époque de la 2ème guerre mondiale ne sont plus classées secret défense et refont surface. Et les médias ne se privent pas d’en faire des émissions. Non vraiment, on ne risque pas d’oublier cette période.
Certains anciens combattants ont lu cette lettre eux-même dans des lycées. Du genre à dire qu’il ne faut surtout pas refaire ce que eux ont fait, du temps de la guerre, mais que les générations futures doivent savoir. Comme une épée de Damoclès qu’on se transmettrait de génération en génération. Mais heuu… c’est toujours pas la paix dans le monde ! Loin de là, ça pète de partout… Donc la leçon n’a toujours pas été apprise… Enfin bref.
Ca me rappelle un peu la réaction plus que spontanée de Balavoine (à replacer dans le contexte de l’époque de la guerre au Liban, en octobre 1983, certes) où l’argumentaire de son coup de gueule est à comparer avec le problème de cette lettre qu’on « impose » aux jeunes aujourd’hui… Balavoine s’en était d’ailleurs excusé (2ème fichier son).
Réaction épidermique de ce cher Daniel à comparer aussi avec son coup de gueule face à Tonton gaucho Mitterrand, en 1980… (je vous laisse fouiller Google, j’ai la flemme là).
Mots-clefs : anciens combattants, Balavoine, guerre, Guy Môquet
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