Cet article est le prolongement de celui-ci.

Le 6 février 2011 a été découvert le corps de Laëtitia Perrais, découpé en morceaux par Tony Meilhon. Cet acte barbare entraîne une pétition sur Facebook pour la condamnation à mort de ce cinglé. Evidemment, je contribue. Mon avis étant que la peine de mort devrait être rétablie.

Jusqu’à ce que ce beau-parleur de Badinter fasse passer les criminels pour des anges en ce 17 septembre 1981, c’était une sanction pénale prévue par la Loi. Ce à quoi on m’a répondu que la peine de mort était un crime et que je devrais aller me faire voir au Texas ou en Chine… Ah. Donc, que des gens violent, découpent et tuent d’autres gens, ça ne choque plus. Mais qu’on veuille que la Justice exécute ces pourritures, les boucliers sont levés ? C’est vrai que les emprisonner à vie, c’est tellement mieux, surtout dans des prisons paraît-il déjà pleines.

Ils effectueront une « peine de sureté » de vingt ans, ressortiront pour bonne conduite (sic), et l’industrie du cinéma se proposera même de faire des films basés sur leur histoire. Sans parler des éditeurs qui se frotteront les mains en publiant des romans sur leur vie que beaucoup courront acheter… Quoique les avocats sont bons aussi dans leur genre, à trouver toutes les excuses à ces pourris, la plus célèbre étant l’enfance malheureuse, voire la folie, donc l’irresponsabilité de leurs actes…

On m’affirme ensuite que lorsque la peine de mort a été abolie, la criminalité devait augmenter, mais qu’en fait la courbe des crimes stagnait depuis les années 70 et donc la peine de mort n’y a rien fait, ni augmentation ni baisse du taux de crimes… Ça m’a fait penser illico aux discours de début d’année sur la sécurité routière en France, qui chantaient en gros youpi 4000 morts, le taux de mortalité sur la route est stable tout va bien, il faut continuer ainsi… La même hypocrisie.

Et d’accuser mon opinion d’être minoritaire en France. Mmh je ne crois pas, non. Mais ce genre de discussions est apparemment devenu aussi tabou et gênant que d’évoquer son salaire au cours d’un dîner entre amis dont quelques uns sont au chômage… Il y a pourtant suffisamment d’arguments ne serait-ce que dans la presse locale pour vouloir faire piquer au lieu de les enfermer, beaucoup de cinglés reconnus coupables, et de surcroît multi-récidivistes. Quand, à grand renfort des médias, on en libère un lorsqu’il a fini ses trente ans pour une conditionnelle, que par dessus le marché en taule il a poursuivi ses études sup et qu’il devient un « modèle de réinsertion », qu’est-ce qu’il fait dehors ? Il recommence, ça ne rate jamais. Pas besoin de psy pour analyser ça. Ou il trempe dans d’autres affaires, et il retourne en zonzon. Alors que si on lui avait injecté sa dose, ou coupé la tête (parfois je suis très vieille France…), on en aurait fini. Patrick Henry, ça vous parle ?

La peine de mort ne pourra jamais etre rétablie en France ? Le problème se situe donc au niveau politique… Si tous les politicards français de l’époque avaient eu des couilles au lieu de verser leur larmiche après le discours de Badinter, au lieu de signer bien des années plus tard au nom de la France des textes, des protocoles et j’en passe renforçant l’interdiction de la peine de mort au niveau européen ou plus grand, et d’écrire des pamphlets remplis de bons sentiments disant en gros que dans chaque homme sommeille un Bisounours qu’on ne peut tuer, on n’en serait pas là. Et on me sort du droit français, droit européen, Droits de l’Homme… « Un détenu reste un homme », aurait dit Robert B. Les meurtriers, s’ils sont des hommes – ou des femmes – et ont des droits… n’ont-ils pas ôté le droit de vivre à leur victime ?

Ce qui a amené une phrase, probablement la pierre angulaire du débat : « Qui ôte la vie de quelqu’un ne mérite pas de poursuivre la sienne ». Et là, ça s’est déchaîné sur la légitimité du meurtre commis de sang froid cette fois-ci par l’Etat, puis sur l’argument de la faillibilité des procès, selon lequel les technologies actuelles auraient une marge d’erreur trop grande, faisant qu’un condamné à mort ne soit innocenté qu’après son exécution… Ça se tient, mais à mon avis, cette personne-là a trop regardé de séries policières américaines. J’dis ça, j’dis rien.

Et ça a tenté de prendre la défense de la Justice qui « n’a plus les moyens », plus assez de personnel pour assurer le suivi de tous les détenus. D’où l’intérêt de la peine de mort qui ferait un peu le tri, et soulagerait ce suivi… Ahem. Je parlais plus haut de ces avocats qui plaident la démence de leur client pour l’innocenter plus facilement – ou plus exactement, ne pas le rendre responsable de ses actes – malgré sa barbarie. Il faudrait, selon certaines personnes, qu’on donne plus de moyens à des psychiatres et compagnie et qu’on instaure un suivi plus poussé, parce que je cite « un psychopathe, sociopathe ou autre criminel a besoin de soins ! » Vous riez jaune ? J’ai pas fini. D’après ces mêmes personnes, si on exécute un criminel, il n’aura pas le temps de réflechir sur ce qu’il a fait, alors qu’en prison, il pourrait réfléchir et se soigner pour aller mieux et ne plus le refaire. Des Bisounours, je vous dis ! Et l’argument certifié Pushing Daisies, je cite : « Une fois morte, la personne ne peut pas apprendre de ses conneries ! Et c’est trop facile, tu n’as pas les remords et la culpabilité une fois mort ! »

Je sais pas vous, mais j’ai rarement lu de phrases aussi connes.

Puis, lueur d’espoir, une question intelligente : si la victime était un membre de ma famille, est-ce que la mort de son assassin m’apporterait satisfaction ? Elle me raconte ensuite sa vie. « On est venu à moins de 100 mètres de chez moi pour rechercher le coupable (NDLR : l’assassin de Laëtitia), j’ai vécu jusqu’à la découverte de son corps avec des affichettes de porté disparu ! On a été appelé à temoins parce qu’on s’est retrouvés dans le même lieu que le coupable ! On a vu la police scientifique déballer son matériel pas loin, alors arrêtez ! Vous n’avez pas vécu ce traumatisme ! » Traumaquoi ? Bon. Elle ne s’y attendait pas, mais j’ai vécu pareille chose. Avec l’INPS à la maison s’il-vous-plaît (et non pas « à 100 mètres »…), pour des analyses ADN, et un interrogatoire pour une affaire locale, je n’en dirai pas plus. Je l’ai donc vécu de beaucoup plus près que cette donneuse de leçons qui aurait bien besoin d’un Tranxène pour le calmer, son traumatisme.

Pour répondre à sa question et mettre un terme à cette bataille : si un membre de ma famille était découvert mort et qu’on retrouve le meurtrier, qu’on apprenne que ce meurtrier a déjà un casier long comme mon bras, effectivement ça ne ressuscitera personne, mais ça m’apporterait une satisfaction non feinte que ce pourri soit exécuté dans un avenir proche, au lieu de lui trouver toutes les excuses, qu’il fasse le touriste en taule, et ne laisse comme seule perspective à ma famille et moi-même que la peur de le voir à nouveau en liberté un jour, et qu’il remette ça.

Bref. Si un jour nos politiques se décident enfin à remettre la question sur la table, et demandent aux Français ce qu’ils en pensent, je répondrai clairement que la peine de mort, je suis pour.

** Pour l’anecdote du lien ci-dessus, Michel Sardou vous expliquera que sa chanson n’avait pas pour thème la peine de mort, mais plutôt la Loi du Talion, deux aspects que beaucoup de gens ne prennent plus la peine de différencier… **

Ah au fait, les infos du jour nous apprennent que Tony Meilhon a fait son Caliméro en tentant de se suicider avec un mélange de lessive et de Javel, pour dénoncer la mauvaise alimentation en prison, et donc la mauvaise gestion des services pénitentiaires. Et évidemment, qui c’est qu’on pointe du doigt ? Les prisons, qui oh mon dieu, sont loin d’être des trois étoiles. La découverte du siècle… Tout ça parce qu’il n’a pas eu de coeurs en chocolat à la cantine de la prison pour la Saint Valentin. Et il s’est raté, ce con ! « C’est vraiment trop inzuste ! »

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