Après la folle nuit de Noël, parlons du Nouvel An. Vous l’avez sans doute déjà vécu vous aussi les années précédentes, mais Marchiavel va en remettre une couche, histoire que ça soit frais avant le passage 2010/2011. Quelqu’un va forcément vous poser cette petite question qui a le don d’énerver : « Hey, tu fais quoi pour le 31 ? » Et ça, comme dirait Helmut, « moi, ça m’éneeerve ! »
Donc là vous vous sentez obligés de me demander, non sans un rictus provocateur : « Et donc, tu vas faire quoi pour le 31 ? »
Je ne ferai rien, et puis c’est tout. Là. Cette espèce d’obligation de faire quelque chose le soir du Réveillon, je dis non, vade retro nouvelanas ! C’est quoi ce besoin systématique de « sortir », comme si rester chez soi et fêter en famille (oui parce que tout seul, j’admets que c’est effectivement relou…) était synonyme d’autisme ? Moi j’veux bien hein, faire la fête avec des potes. Sauf que, bon, rien que l’idée de planifier le truc, dire on va faire cette fête, on va commencer là, on va manger ça, à minuit on s’embrasse et à 2h on est tous bourrés, quelque part, ça m’ennuie d’avance… C’est le manque de surprise, si vous voulez. A la Saint Sylvestre, ça fera quand même 10 ans tout pile ce 31 décembre que je n’ai pas ressenti le besoin d’aller festoyer chez des gens ! Et j’en suis pas mort ! On fera assez de bises et on serrera assez de louches le soir même et tout le mois de janvier dans la rue, sans compter les coups de fil !
J’imagine déjà la scène chez tous ceux qui se réuniront pour fêter le passage. Et ne me dites pas « meuh pas vrai c’est jamais comme ça »… Après les voeux présidentiels de 20h, à ne pas rater, qui seront repris et commentés par tous les journalistes dans les cinq minutes qui suivent (à la manière d’un prof de français qui analyserait avec profondeur des aspects implicites d’une oeuvre littéraire auxquels même son auteur n’a pas pensés…), le fêtard de base arrive et se bourrera de suite la gueule, à 10h30 il sera malade comme un chien, à 11h il aura déjà la tête dans les cagoinsses, et il n’entendra donc pas les 12 coups de minuit, rapport à de bruyantes remontées alcoolisées suivies par ses ronflements…
Il faut le dire, tout dépend avec qui tu fêtes, y’a des gens t’aimes pas et puis voilà. Bref, avant l’heure H, tu stresses toujours à l’idée de louper le coche, alors tu t’empiffres un petit peu de foie gras et de saumon fumé – que t’enroules autour d’un énorme cornichon à défaut d’avoir pris des rollmops à temps à l’hyper (voir article précédent) – l’oeil sans cesse rivé sur l’horloge, ou sur la télé avec Arthur – encore lui – qui fait le décompte avec ses invités légèrement en jetlag, pas du tout raccord, comme si l’émission avait déjà été enregistrée le mois dernier pour être sûr. Ah elle l’a été ? Ça explique beaucoup de choses. Du coup, nous, germanophones, allons cette année encore zapper sur les chaînes allemandes, pour entendre d’autres trucs que la version parisienne du Nouvel An de la France de l’intérieur et la promo des invités qui étaient venus à l’émission « par amitié », et profiter de la ZDF-Kultnacht jusqu’à 5h du matin.
Aux 12 coups de minuit du bal des faux-culs, tout le monde complètement cuit, fera le décompte et hurlera encore plus fort « Bonne année ! ». Vous verrez pendant ce temps Marchiavel accrocher en douce une branche de gui au plafond, et chercher la plus jolie fille de la soirée pour lui murmurer à l’oreille, tout en l’emmenant délicatement sous sa branche et en feignant la surprise, « Oh du gui ! Tu connais la tradition ? » Oui, Nouvel An a aussi de très bon côtés…
Certains courageux sortiront dans le froid, se baisseront pour réchauffer une plaque d’égout en allumant quelques mèches lentes reliées à un bon kilo d’explosifs, puis s’enfuiront au loin comme s’ils avaient croisé Arielle Dombasle leur demandant un contrat publicitaire pour gratter des trucs. S’ensuit alors une chorégraphie encore plus étrange, consistant à plonger vers le sol après avoir terminé leur sprint, dans un gros tas de neige de préférence (les ronces étant moins accueillantes et les orties réservées à mémé…) en se protégeant les oreilles pour couvrir le bruit de la déflagration. Par contre, l’histoire ne dit pas si une simple paire de gants sur des oreilles protège de la retombée imminente de la plaque d’égout précédemment satellisée par la mise à feu du pain de C4…

La Boum, un vibrant hommage
au pétard de Sophie Marceau.
Et tous ces pétards qui séchaient dans une boîte à chaussure depuis bien avant l’enlèvement de Ghesquière et Taponier, fallait bien les utiliser, quand même ! En particulier les bruyants Tigre Bison 4 – encore que, ce ne sont pas les plus gros – responsables, tout comme la neige, de reportages télé longs et chiants sur leur dangerosité à l’aide d’images choc de mains déchiquetées, et de témoignages d’ORL qui déconseillent fortement leur utilisation ** ça devait sûrement être un montage avec une vieille interview sur les méfaits des coton-tiges, c’est pas possible…**. On ne parlera pas des fusées qui décollent des jardins, parfois à la verticale, parfois dans le cul des passants. Et des fumigènes, qui comme leur nom l’indique, dérangent.
Mais retournons à l’intérieur. Les bouchons de champagne ont sauté, les confettis jonchent le sol, c’est super, tout le monde s’embrasse encore même les parfaits inconnus, et puis après… plus rien.
Pourquoi plus rien ? Parce que tout le monde prend soudain son téléphone portable, abreuve la moitié de la planète de sms en cliquant sur « envoyer à tout le répertoire ». C’est bien dommage parce que, vu que tous auront cette brillante idée de squatter les réseaux en même temps, ceux-ci seront évidemment saturés, et tous les envois de sms arriveront le lendemain ! Et en rentrant à la maison, il faudra bien sûr revenir à un état geekesque, et checker les 150 mails et autres statuts Facebook qui attendent de souhaiter eux aussi la bonne année, sans parler des messages les plus inventifs qui poseront eux une nouvelle question qui a le don d’énerver : « Hey, t’as pris quoi comme résolutions pour 2011 ? »
Oserai-je leur répondre 1920×1080 ?! ** recycler une vieille vanne, ça c’est fait, scritch scritch… ** Non. Oh et puis si. Hop. Quoiqu’il en soit…