Suite aux expositions permanentes, je vous présente ici les expositions temporaires, qui comme leur nom l’indique, sont… temporaires.

Je commence avec le concept « 1, 2, 3, couleurs ! » qui consiste à reconnaître une couleur dans l’obscurité, en développant ses autres sens et son imagination, en fonction d’odeurs, d’arômes, de textures et d’ambiances sonores. Genre je tripote un objet et je peux dire qu’il est vert. C’est pas bête du tout. Tout un programme…

DDN

Autre activité à tester ne serait-ce qu’une fois, pour délirer, Dîner dans le noir. A essayer du 21 juin 2008 au 31 août 2008, les deux premiers vendredis de chaque mois, de 19h à 22h. Pour 55 euros. Certes, c’est cher (quoique, tout est relatif). Mais ça vaut le coup. Ne vous est-il jamais arrivé d’avoir une panne de courant, et comme par hasard plus de bougies sous la main en plein milieu du dîner ? Là, c’est pareil, sauf que c’est voulu, et vous ne pourrez pas vous éclairer à la lueur de vos portables… Noir, c’est noir il n’y a plus d’espoir. Et sincèrement, pour l’avoir vécu de l’intérieur en compagnie de clients affamés et curieux, personne n’a été déçu. Surtout que le repas était copieux, et haut de gamme.

Mais l’activité qui fait fureur depuis le 22 avril déjà (et qui se finira malheureusement le 8 mars 2009, sauf prolongation, on ne sait jamais) s’intitule « Dialogue dans le noir », ou « DDN » pour les intimes. Il s’agit là d’un concept créé en 1988 en Allemagne par le Dr Andreas Heinecke, pour rapprocher les visiteurs du monde du handicap visuel. Au Vaisseau, vous aurez affaire à un espace de 500 m² dont 400 m² à traverser dans le noir ab-so-lu.

** Attention, SPOILER, cliquez ici à vos risques et périls **

Munis de votre billet, seul, en couple, ou avec toute votre classe, vous pénétrez dans une zone sombre, avec un éclairage volontairement minimaliste. Des guides non-voyants (ou malvoyants, nous verrons ça dans un prochain article) vous accueillent dans le « Cocon ». Devant vous, d’étranges caisses noires montées sur tables. A votre gauche, un coin audiovision avec des casques et un grand écran. Et au fond, évidemment, l’atelier Braille.

Pour vous préparer à l’obscurité, un Passeur vous accueillera par groupes de 8 et vous expliquera les bases du comportement que vous devrez adopter une fois dans le noir. Ne croyez pas que c’est évident, c’est toute une gymnastique mentale. Les Passeurs et les Guides ne voient pas, ou plus, ou très peu. Ils s’y sont habitués. Vous, vous devrez vous passer du seul sens dont vous vous serviez en permanence sans même vous en rendre compte…

Il passera le relais à un Guide qui sera votre seul espoir de survie pendant près d’une heure dans le noir complet… Bon ok, je dramatise, c’est pas Koh-Lanta. C’est bien mieux ! Pendant une heure qui va vous sembler une éternité, vous écouterez le guide, une main collée à votre canne et l’autre à tenter de rester scotchés aux murs pour ne surtout pas vous perdre. Vous traverserez 5 salles simulant des univers du quotidien grâce aux objets, sons et odeurs : une forêt, un bateau, un marché, une ville, pour finir dans un bar.

Dans ce bar, vous pourrez commander à boire ou à manger, mais ne tentez pas d’arnaquer le Barman avec vos jetons de supermarché ou des faux billets, ils ont les moyens de vous faire parler de vérifier tout ça, même dans l’obscurité !

Et vous finirez la visite dans l’espace du « Ressenti », pour discuter avec le Guide et lui livrer vos impressions. Attention toutefois à ne pas se précipiter sur la sortie dès que vous apercevez le premier rayon de lumière, allez y progressivement, ça peut être très violent pour les yeux.

En tant que technicos, j’ai dû rechercher tous les trous dans le bâti qui pouvaient laisser entrer le moindre rayon de lumière – ce qui gâcherait tout évidemment -, régler des problèmes mineurs de sonorisation (parce que mine de rien, comme on dit « Y’a du matos là d’dans ! »), et rechercher à la hâte des gens mal à l’aise au bout de plusieurs virages sombres. Et je peux vous affirmer que, de m’être faufilé parfois au milieu des groupes de visiteurs pour écouter leurs réactions à chaud, un tel parcours rend les gens… humbles. Sauf évidemment les sales gosses qui ne pensent qu’à une chose, trouver la sortie le plus vite possible à peine rentrés dans le sas, m’enfin… Ca calme les gens, ça les rend plus respectueux des autres, je trouve.

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