Voilà que Jean-Luc Delarue nous a fait une soirée spécial Alzheimer, avec en guest-star Nicolas Sarkozy himself, interviewé en face à face à l’Elysée.

On connaît tous les émissions raccoleuses de Delarue – celui-là même qui a pété les plombs en avion et qui a une diction a faire pâlir d’envie un prompteur lancé à pleine vitesse -, avec des sujets plus ou moins bizarres et parfois complètement cons, dont les protagonistes ne sont pas toujours des inconnus, et font parfois même partie de la production de l’émission, faute de candidats. Mais chut, ça faut pas le dire… Bon appétit, bonjour.

Je vais la faire courte sur Delarue qui semble avoir des T.O.C. pendant toute l’émission, à regarder un coup en l’air, à gauche, à droite, à ne jamais regarder les gens dans les yeux quand il leur pose une question, et courir après les micros pendant toute l’émission…

Bref, ce fameux « Plan Alzheimer », c’est quoi ? Présenté au début du mois de novembre 2007, c’est la mobilisation des pouvoirs publics et des acteurs sanitaires et sociaux. Ce plan doit proposer des mesures et des moyens supplémentaires et innovants pendant la période 2008-2012.

Si j’en parle, c’est parce que cette satanée maladie, c’est pas du vent. En janvier 2005, j’écrivais déjà une bafouille sur mon premier blog à propos de ma grand-mère qui selon l’avis des médecins, avait un début d’Alzheimer :

« Je me demande encore aujourd’hui comment cette perte de mémoire a pu commencer. Du jour au lendemain, elle hallucine, elle entend des voix, ne reconnait plus sa famille, ses amis, et devient méchante comme jamais (elle avait toujours un gros mot bien placé pour chacun, mais maintenant c’est gratuit : elle ne trouve plus un objet et tu es à proximité, t’en fais pas tu vas en prendre pour ton grade !) »

J’avais encore de la chance qu’elle me reconnaisse quand j’arrivais. On en rigolait presque, de ses colères. Je n’ai jamais voulu croire qu’elle puisse avoir « ça ». Des foutaises, je me disais. Des mois plus tard, il a fallu faire un choix : ou bien elle reste à la maison seule, en comptant sur les infirmières et la famille, ou bien il fallait la mettre dans une maison spécialisée dans les traitements Alzheimer. La deuxième solution a été retenue. Pensez ce que vous voulez, mais ça n’était pas évident du tout pour nous de gérer cette situation, et d’accepter qu’elle quitte la maison qu’on a tous connue plus jeunes.

Je n’ai pas voulu mettre les pieds dans ce genre d’hôpital et lui rendre visite directement après son arrivée. Je n’ai jamais aimé me rendre dans des hôpitaux ni des maisons dites « long-séjour ». Et un jour, j’y suis allé avec les parents, parce que bon sang, c’est quand même ma grand-mère. « Oma ». Sur le coup, j’ai failli ne pas la reconnaître, amaigrie, décoiffée, et surtout le regard vide. Avoir en face de soi une personne qui peine à marcher, qui ne sait même pas à qui elle parle, ça fait juste mal au coeur. Et contrairement à elle dont les souvenirs reviennent puis s’évanouissent quelques heures plus tard, les nôtres reviennent en force pour nous permettre de garder les moments heureux qu’on a pu passer en sa compagnie, et oublier son état actuel… Et dieu sait qu’on en a passés, des weekends chez elle à jouer à la Gameboy quand on était petits. Hein cousine ?

Je ne souhaite à personne de devoir un jour visiter un membre de sa famille dans ce genre d’endroit. Malgré la présence rassurante et efficace des infirmières et aide-soignantes qui apprennent à la famille à se comporter en fonction de l’évolution de son Alzheimer, ça fait mal. Ma première visite dans ce long-séjour m’a fait un choc pas possible. Depuis j’y suis retourné, et Oma avait l’air d’aller mieux, en tout cas elle souriait, et elle m’a reconnu ! La question étant pour combien de temps avant que je redevienne un étranger et qu’elle ne me reconnaisse plus…

Un pognon fou va être investi uniquement dans la recherche pour faire avancer tout ça ? Sarko en fait un engagement personnel ? Il va faire en sorte que le combat contre la maladie d’Alzheimer soit un combat européen ? Encore des promesses, mais soit.

« On va trouver », qu’il dit. Je le souhaite de tout coeur…

Mots-clefs :, ,
Répondez vous aussi !